Connaissez-vous les bactéries amies qui vivent dans notre ventre ?

Ces 100 000 milliards de bactéries, qui nous veulent du bien, sont présentes dans nos intestins et surtout notre côlon formant ce qu’on appelle le microbiote intestinal.

Chaque individu a son propre microbiote constitué d’environ 200 espèces différentes et divisées en trois grands groupes de bactéries. En extrayant de nos selles l’ADN des bactéries, on peut classer les individus selon leur entérotype qui va tenir compte notamment de leur alimentation : Bacteroidetes (gras et sucre), Prevoltela (fruits, légumes, fibres), Ruminococcus (régime varié).

Ces bonnes bactéries ont des fonctions essentielles dans le processus de la digestion, comme la production de vitamines, d’acides gras à chaînes courtes sources d’énergie pour les muscles et la synthétisation de neuromédiateurs (sérotonine, dopamine, noradrénaline, Gaba, …) nécessaires à notre bien-être physique et mental.

Elles empêchent la prolifération des mauvaises bactéries et protègent notre paroi intestinale.

Le microbiote intestinal est un maillon essentiel de notre immunité, un guide en quelque sorte pour notre système immunitaire.

La constitution de notre microbiote, pendant les 3 premières années de notre vie, est conditionnée par le microbiote de la maman, le mode d’accouchement, le type d’alimentation, l’environnement, l’hygiène, la prise de médicaments. Si ensuite, il est relativement stable, sa composition varie en fonction du régime alimentaire, des infections virales ou bactériennes, de la prise d’antibiotiques …

En effet, une succession de déséquilibres transitoires peut avoir des conséquences néfastes sur la santé physique et mentale d’un individu. Nous savons aujourd’hui que de nombreuses maladies sont dues à une dysbiose (déséquilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries) de notre microbiote comme la maladie de Crohn, la sclérose en plaques, le syndrome de Gullain Barré, le lupus systémique, l’asthme, l’eczéma, le psoriasis, la fibromyalgie, …

Il a la capacité d’influencer notre cerveau et notre comportement et inversement. Il est notamment à l’origine de la dépression chez certaines personnes, de l’autisme, de la maladie de Parkinson et de la maladie d’Alzheimer.

Il est avéré que le microbiote est impliqué dans l’obésité et le diabète de type 2.

Il contrôle notre personnalité, notre niveau d’anxiété ou d’empathie.

Ne dit-on pas : « avoir la peur au ventre », « avoir une boule au ventre » ou encore « avoir le ventre noué », pour désigner un sentiment de peur ou de grand stress.

En synthétisant des neurotransmetteurs comme le Gaba ou la Sérotonine que l’on retrouve également dans le cerveau, il a la capacité d’agir sur la régulation de notre humeur. Une expérience menée dans des prisons aux Pays Bas, en Australie et en Grande Bretagne a permis de montrer que les incidents avaient diminué d’1/3, que les placements en cellule d’isolement avaient grandement baissé après avoir apporté aux détenus, pendant 3 mois, une alimentation à base de minéraux, de vitamines et des acides gras. Une carence de nos bactéries amies a des répercussions sur notre système nerveux central.

Pas moins que cela ! ce qui signifie que le mauvais fonctionnement de notre microbiote est révélateur d’une alimentation, d’un environnement et d’un mode de vie inadaptés.

Des signes, comme la constipation ou la diarrhée, les ballonnements intestinaux, une haleine putride, des pets nauséabonds, des selles défaites, des crampes intestinales sont des symptômes de dysbiose, nous informent qu’il est temps de réagir en changeant graduellement notre alimentation.

Pour atteindre un état d’équilibre, être en eubiose, quelques règles alimentaires simples et de bon sens sont à respecter :

·      manger des produits bio, locaux et de saison,

·      ne pas mettre dans la bouche de trop grandes quantités d’aliments,

·      les mastiquer suffisamment et prendre le temps de manger. Des études japonaises ont montré que la santé des personnes physiques de 40 ans à 79 ans est directement liée à la capacité de mastication,

·      consommer suffisamment de prébiotiques : des légumes et des fruits frais et à coque qui apportent des fibres, des fruits rouges sources de polyphénols, des oméga 3 (Poissons, huiles de colza ou de lin, noix, mâche…), des épices comme le curcuma,

·      limiter grandement les produits riches en sucre et en gras saturés qui déclenchent une réaction inflammatoire dans le corps et peut atteindre la barrière hémato-encéphalique protégeant le cerveau,

·      éviter les produits industrialisés comprenant des additifs alimentaires,

·      Boire de l’eau entre les repas.

Le kéfir de lait et le kéfir de fruits que l’on peut acheter ou fabriquer soi-même sont de bonnes sources de probiotiques pour avoir un bon transit et une meilleure résistance aux affections. Les aliments lactofermentés sont également bons pour notre microbiote, ils sont très digestes et leurs nutriments sont bien assimilés par notre organisme. Ce sont des probiotiques, de bonnes bactéries qui se nourrissent et se reproduisent. La lactofermentation ne fait pas intervenir de lactose, elle transforme le sucre des végétaux en acide lactique.

Un facteur déterminant dans la venue d’une dysbiose est la prise d’antibiotiques. En tuant les mauvaises bactéries, ils atteignent aussi nos bonnes bactéries et les éliminent. Il est urgent dans ce domaine d’adopter une attitude responsable et d’éviter la prise inutile de médicaments.

Chouchouter son microbiote c’est aussi se préserver des instants de relaxation, massage, yoga, respiration en cohérence cardiaque, méditation, …

Le microbiote intestinal fait l’objet de nombreuses recherches que ce soit dans la prévention, le diagnostic et le traitement de maladies grâce par ex. à la transplantation fécale, déjà utilisée aux Etats-Unis pour guérir de l’infection au Clostridium difficile.

Nous sommes au début des découvertes de ce fabuleux organe qui avec les 500 millions de neurones présents dans nos intestins, constituent ce que l’on nomme notre 2ème cerveau.